La Cryolipolyse

La cryolipolyse est une technique d’amincissement par le froid qui fait une percée remarquée dans les cabinets des médecins esthétiques, mais aussi dans les instituts de beauté. Avantages et limites de la cryolipolyse, qui fait perdre du gras sans passer par la case bistouri.

EN QUOI CONSISTE LA CRYOLIPOLYSE ?

Le principe : aspirer un bourrelet graisseux dans une sorte de ventouse réfrigérante puis l’exposer à un froid intense. « Les adipocytes (cellules graisseuses) sont soumis à une température négative, explique le Dr Julien Carré, médecin esthétique. Vulnérables au froid, beaucoup plus que les tissus adjacents (peau, vaisseaux sanguins…), 20 à 40 % d’entre eux sont éliminés définitivement selon le processus d’apoptose (mort naturelle des cellules). » Ces cellules sont ensuite détruites par les macrophages, chargés de supprimer n’importe quelle autre cellule morte de l’organisme.

Les résultats : les membranes des cellules restent intactes, c’est-à-dire que leur contenu (acides gras) n’est pas libéré dans l’organisme, et que les taux de cholestérol circulant ou de triglycérides ne sont pas affectés. Il faut 2 à 3 mois pour que les cellules lésées soient éliminées par l’organisme et que les résultats apparaissent. Une seule séance suffit généralement, mais deux peuvent être nécessaires dans certains cas.

COMBIEN DE TEMPS DURE UNE SÉANCE ?

En moyenne, entre 50 et 70 minutes selon les appareils. Nouveauté de cette année : Zeltiq, le pionnier de la cryolipolyse, innove avec des séances d’une durée raccourcie à 35 minutes, grâce au procédé Cool-Advantage, qui descend à – 11°C au lieu des – 10°C classiques. Les applicateurs permettent également de traiter une plus large zone : 122 cm2 au lieu de 110 cm2 .

C'EST POUR QUI LA CRYOLIPOLYSE ?

« Le candidat parfait, explique le Dr Julien Carré, est une personne mince mais présentant des zones rebelles très localisées, par exemple une culotte de cheval d’origine génétique ou un ventre résistant aux régimes et à l’exercice physique. » Il est possible de traiter un double menton, les poignées d’amour, les plis du dos (au niveau du soutien-gorge), le pli sous-fessier… Mais il faut un minimum de graisse pour que le traitement soit efficace. « Pour que le bourrelet soit aspiré, la graisse doit mesurer environ 40 millimètres, qu’on évalue avec une pince adipomètre » , précise le Dr Béatrice Lafarge-Claoué, médecin esthétique. Et attention aux envies déraisonnables ! « Il n’est pas question de vouloir éradiquer toute la graisse du ventre, poursuit la spécialiste. Celle-ci n’est pas inerte et sécrète des hormones féminines, notamment des œstrogènes qui jouent, entre autres, un rôle important sur l’éclat de la peau. »

Y A-T-IL DES EFFETS SECONDAIRES ?

Presque aucun, et c’est bien cela qui fait le succès de la technique ! Les désagréments se limitent à des rougeurs après la séance, éventuellement de l’œdème pendant quelques jours, et une diminution de la sensibilité au niveau de la zone traitée pendant une ou deux semaines. Les contre-indications : elles sont limitées : cryoglobulinémie (cryoglobulines dans le sang), urticaire au froid ou hémoglobinurie paroxystique au froid (anémie hémolytique auto-immune rare), maladie de Raynaud, hernie, grossesse et allaitement, port d’un dispositif électronique, eczéma, blessure ou inflammation de la zone traitée. Certains bourrelets sont plus délicats à traiter. « L’intérieur des bras, des cuisses et des genoux mérite un examen au cas par cas, explique le Dr Boisaubert, car, juste sous la peau, se trouvent des circuits vitaux. Il faut déterminer avec précision la taille de l’applicateur et son emplacement, pour éviter toute complication vasculaire ou neurologique. » Mais la cryolipolyse ne remplace pas un régime : en cas de surpoids, des mesures diététiques et sportives restent de mise !